Comment les charismes spécifiques des mouvements contribuent-ils à la mission de l’Eglise et à sa diversité

Tout d’abord, merci de votre confiance et celle de Patrick François qui me demande de traiter une question fondamentale qui n’est pas toujours de tout repos : la contribution des charismes des mouvements à la vie de l’Eglise. Cette question pose la problématique de l’articulation mais aussi du discernement de l’authenticité de ces charismes. Je me souviens de la plaisanterie d’un évêque me disant il y a déjà une trentaine d’années : « je redoute autant la naissance d’une communauté nouvelle dans mon diocèse qu’une apparition de la Sainte Vierge. Est-ce authentique ? Un charisme communautaire nouveau vient-il de l’Esprit Saint ? »

Toutefois, le pape Benoît XVI, s’adressant aux évêques qui accompagnent les mouvements et communautés nouvelles dans le monde, disait le 17 mai 2008 : « les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles sont une des nouveautés les plus importantes suscitées par l’Esprit Saint dans l’Eglise, par la mise en œuvre du concile Vatican II. Ils se multiplièrent en effet à l’abri des assemblées conciliaires surtout dans les années qui le suivirent, dans une période chargée de promesses enthousiasmantes mais marquées par des épreuves difficiles ». Ce pape, après Paul VI et Jean-Paul II qui surent accueillir, discerner, encourager et promouvoir l’irruption inattendue de nouvelles réalités sous des formes parfois surprenantes, avait conscience que ces réalités pouvaient redonner vitalité, foi, et espérance à toute l’Eglise. Ils insistaient cependant toujours sur la nécessaire communion en Eglise.

Conscient que ces nouveautés avaient besoin d’être comprises et faisaient souvent face à beaucoup de préjugés, de résistances et de tensions il affirmait avec force à ces évêques : « je vous demande d’aller au-devant des mouvements avec beaucoup d’amour ».

Au cours de cette intervention, nous essaierons de comprendre cet appel à la charité, qui invite la hiérarchie à connaître chaque réalité naissante. Au fond, est-elle un problème ou un don de l’Esprit Saint, c’est-à-dire une ressource pour l’Eglise ? En contrepartie, pour mettre généreusement le charisme au service de l’Eglise, les mouvements ont toujours à vérifier par un discernement ecclésial l’authenticité de leur charisme, dans un lent et patient chemin, fait de dialogue, de formation et de contribution missionnaire.

Au cours de cette intervention, je voudrais approfondir trois questions avec vous. Tout d’abord, qu’entendons-nous par charisme communautaire ? Ensuite, avant de se poser la question de la contribution à la vie de l’Eglise, j’aimerais que nous nous arrêtions sur la contribution de ces mouvements à la vie chrétienne, tout simplement. Enfin, nous nous poserons la question de la place de la vie associative dans l’Eglise mais aussi de l’expression de la foi dans l’espace public, tout en précisant les critères d’authenticité ecclésiale des mouvements.

 

1. Qu’est-ce qu’un charisme communautaire ?

Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, une grande dame dont le procès de béatification est ouvert disait : « l’important n’est pas d’avoir un grand ou petit mouvement, l’important est d’avoir un charisme ».

Qu’est-ce qu’un charisme ? Le mot charisme vient de « charis » qui veut dire grâce, don de Dieu, donné par l’unique Esprit, (1, Co 12, 4 – 11) pour proclamer Jésus-Christ comme Seigneur (1, Co 12,3) et concourir à la croissance du corps du Christ (1 Col 12,7). Chez Paul, cela signifie un « cadeau, donc gratuité, dispensation gracieuse ». Ces dons, venant de la grâce de Dieu, divers, sont distribués pour la construction du corps ecclésial tout entier.
Une autre manière d’exprimer le charisme serait celle-ci : c’est le don fait à une personne pour une accentuation d’un aspect de l’Évangile afin de vivre tout l’Évangile ; Finalement, c’est un appel à vivre de façon privilégiée un aspect particulier du mystère du Christ, une manière spécifique de se vivre comme disciple.
Les charismes n’ajoutent rien au contenu de la Révélation, ou à la doctrine enseignée par l’Eglise, mais ils font revivre et resplendir leur raison d’être et leur beauté.

Dans la période post-conciliaire, un des principaux fruits de ce Concile, consiste en l’émergence de nouvelles réalités ecclésiales (mouvements de laïcs et communautés nouvelles) nées dans le souffle pentecostal1, saluées par différents papes, et qui se sont peu à peu intégrés dans la vie de l’Eglise.

L’Esprit Saint n’a jamais fait défaut à l’Eglise, en fidélité à la promesse de Jésus au moment de son passage vers le Père, annonçant l’envoi du Paraclet. Il y a eu différentes « venues » de l’Esprit Saint dans l’histoire qui sont autant de dons ou charismes qui ont donné naissance à des communautés, congrégations, ou ordres monastiques, et sont des signes visibles et féconds (Francicains, Bénédictins, Jésuites, Dominicains, les ordres hospitaliers, les congrégations enseignantes…). Des charismes communautaires sont ainsi donnés par Dieu pour le bien de l’Eglise et du monde. Dieu a fait grâce et continue sans cesse de faire grâce pour la mission de salut.
Ces charismes communautaires apparaissent à un moment particulier de l’histoire, en temps opportun, en réponse à de véritables besoins de l’Eglise et du monde, dans le but de rénover, en fidélité à la Révélation chrétienne, la mission par la radicalité évangélique dont sont porteurs ces mouvements.

En général, personne n’a planifié la naissance d’un mouvement, ni fait appel pour aider à cela. L’éclosion constatée depuis le concile fait écho d’une certaine façon à celle de la deuxième moitié du XIXe siècle où tant de communautés religieuses apparurent, mais aussi à d’autres moments de l’histoire. (C’est magnifique comment chacune d’elle définit son charisme. Il faut interroger les fondateurs ou leurs successeurs concernant le charisme. C’est édifiant). L’Esprit Saint se joue des planifications pastorales, en tout cas sa manière d’agir les transcende.

L’Esprit Saint saisit une personne, qu’on appelle avec le recul de l’histoire fondateur, s’attache à elle, la conduit de façon singulière pour répondre à un besoin des temps nouveaux. Naît alors un nouveau cheminement de foi, une nouvelle manière de vivre en Eglise, de comprendre la mission.

Généralement cela se produit par la rencontre avec la Personne du Christ et en relation à un événement, qui ouvre une voie nouvelle et dégage un nouvel horizon. On pourrait en citer de nombreux exemples, contemporains :

Je pense à Grégoire du Bénin, réparateur de pneus, saisi et restant scotché en voyant un homme malade mental, nu, attaché à un tronc d’arbre. Il a tout laissé et s’occupera de lui ainsi que de nombreuses autres personnes malades, des centaines en réalité. Elles ont pu reprendre une vie normale grâce à la prière, à un suivi et une aide médicale.

Je pense aussi à Jean Vanier rencontrant deux personnes avec un handicap. Il les a prises chez lui et à partir de là est née cette belle et grande oeuvre de l’Arche.

Je pense aussi à Andrea Riccardi, homme issu de la bourgeoisie romaine qui se rendait en scooter dans la banlieue de Rome en 1968. Il y a fait la rencontre des pauvres. Il les servira et avec d’autres donnera naissance à la communauté de Sant’Egidio, mondialement connue.

Je pense à Marthe Robin, mystique de Châteauneuf de Galaure dans la Drôme, en France, malade et qui de son lit initiera, pendant plus de 40 ans, la grande œuvre de prédication appelée : Foyers de charité.

Je pense à Chiara Lubich, jeune institutrice de 20 ans qui donnera naissance au mouvement des Focolari et portera très haut le charisme de l’unité dans l’Eglise, mais aussi avec d’autres religions et dans le monde.

Je pourrais en citer tant d’autres que je connais souvent très personnellement et qui font mon admiration. J’ai l’immense privilège de travailler avec beaucoup de ces oeuvres, porteuses d’un charisme communautaire, notamment au sein d’ « Ensemble pour l’Europe » regroupant 250 communautés en Europe, mais aussi pendant 2 mandats au sein du conseil exécutif de la Fraternité Catholique qui rassemble une centaine de communautés charismatiques dans le monde.

Le témoignage de la personne investie par un charisme fort et nouveau, suscite attrait, fascination chez ceux qui la rencontrent et un désir de la suivre. Mais la plupart de ceux qui portent un charisme communautaire disent que ce n’est pas leur œuvre, mais l’oeuvre de l’Esprit. Ils confient que la plupart du temps ils n’auraient jamais pu imaginer ce dont ils ont charge d’incarner. C’est pourquoi, l’élan, la volonté, le dynamisme dont ils font preuve, rend convaincante leur action souvent très originale et fine du point de vue pédagogique.

En revanche, la présence humaine, le rayonnement spirituel, la force qui émane de cette personne suscite la question sous une forme ou sous une autre, semblable à celle que les premiers disciples avaient posée à Jésus : « où demeures-tu ? » et qui leur répond : « Venez et voyez ».

Commence alors une aventure d’amitié, de proximité, de services, de vie chrétienne renouvelée ou totalement nouvelle, donnant naissance à une communauté spirituelle, communauté d’espérance, souvent apostolique et qui donne non seulement des réponses à ceux qui la rejoignent, mais de la joie, de l’élan, des lumières pour leur vie.

Ainsi, on reconnaît habituellement qu’un charisme communautaire se définit par trois dimensions concomitantes :

1 – l’expérience spirituelle initiale du fondateur.
Souvent, il s’agit d’une expérience de rencontre intime avec le Seigneur, qui marque un avant et un après dans sa vie. Elle est accompagnée d’une lumière intérieure, d’une vision du monde ou d’un aspect de l’humanité, d’une direction missionnaire. Cela peut être clair dès le début. Mais, souvent, il s’agit de comprendre ce que Dieu veut.
Ainsi quand le Seigneur dit à Saint-François dans période troublée: « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine », celui-ci a pris sa truelle ! Il lui fallait interpréter !
Mais, François répétait : « le Seigneur m’a donné ». En effet, Il lui a donné de se convertir en le faisant le bon samaritain des lépreux, en le rendant sensible la parole de Dieu.
Dieu donne, parle, ouvre un nouvel horizon. Les signes sont là pour indiquer ce qui est en train d’advenir. Mais ils sont à décoder, à intégrer, à soumettre au discernement de l’Eglise (avec les difficultés souvent rencontrées), à accepter avec humilité. En effet, ce qui est donné conduit à incarner ce qui est perçu mystiquement, et oblige à un réel consentement.
Toute proportion gardée, les mêmes expériences se renouvellent. Dans l’expérience initiale est contenue en germe ce qui va advenir à la manière du gland qui est gros d’un chêne.

2 – la pédagogie qui permet à d’autres de vivre une expérience analogue.

Le premier signe de maturité d’une communauté est de susciter parmi les membres ou les amis une rencontre renouvelée avec le Seigneur qui fasse origine, une confession de foi nouvelle ou renouvelée. C’est ce qui se passe avec les premiers compagnons et l’ensemble de ceux qui rejoignent la nouvelle réalité.

Chaque mouvement a sa propre pratique pédagogique. Certains organisent des sessions, des semaines d’évangélisation pour jeunes, couples, personnes âgées… D’autres invitent à la prière quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle. Il est souvent proposé de participer à la mission d’une manière ou d’une autre. Shalom au Brésil a commencé avec une Sandwicherie, pour toucher les jeunes. C’est toujours le principe de base.

En fonction du charisme communautaire, l’accent sera mis sur tel ou tel aspect, mais on peut parler de cinq approches complémentaires pour annoncer l’Evangile :
– le témoignage qui reste la base. A Sant’Egidio ce sont « des amis réunis par la prière et le service des pauvres. »
– l’annonce kérygmatique, (« Christ est mort et ressuscité et nous vous l’annonçons ») – la liturgie qui ouvre au mystère, à la beauté et au sens du corps du Christ, est le coeur de la prière.
– le service, en particulier des pauvres qui, souvent, permet la rencontre du visage du Christ, à travers le visage du pauvre.

– le dialogue des cultures et des religions, comme expérience d’altérité par excellence, car dans de nombreux pays les chrétiens sont minoritaires et le dialogue est alors un impératif.

3 – la famille spirituelle structurée.
Elle prend forme par l’appartenance et l’engagement signifiés par ses membres dans la dynamique biblique de l’Alliance. Différentes modalités d’appartenance différencient les réalités communautaires. En effet ce n’est pas la même chose de revêtir l’habit religieux, d’être célibataire, et faire des voeux ou de rester laïc dans le monde avec une profession et en étant marié. Pourtant, dans les deux cas on parle bien de communauté ou de mouvement. Les communautés nouvelles reconfigurent ainsi les différents états de vie dans l’Eglise qu’il faudrait référer à « La vocation universelle à la sainteté » proclamé par le Concile Vatican II2.

En réalité, la forme de vie donnée à la communauté correspond à ce qu’elle est. Son mode de vie révèle son identité et sa mission. Une communauté de vie est très différente d’une communauté d’alliance, ou d’un mouvement dont les membres ne vivent pas sous le même toit et qui ne mettent pas leurs biens en commun. Il y a un style qui touche à la prière, à l’engagement, à la prédication et à l’annonce, au rapport au monde, à la manière de vivre le partage des biens, au lien à la paroisse… Ces réalités nouvelles ne sont pas des communautés de plein droit. Elles n’ont pas les registres de baptême, mariage… C’est pourquoi elles demandent nécessairement à leurs membres un lien avec la paroisse.

II. Comment les mouvements participent ils à la vie chrétienne ?

Avant de nous poser la question de la contribution des mouvements à la vie de l’Eglise, arrêtons nous un instant sur leur participation à la vie chrétienne.

Le premier signe de discernement concernant la maturité d’un mouvement est de susciter parmi les personnes touchées par la grâce de ce mouvement, une rencontre du Seigneur, c’est-à-dire une conversion. Cela peut être aussi une rencontre renouvelée avec lui comme si c’était la première fois, comme s’il s’agissait d’un nouveau commencement. De là, surgit une confession de foi remplie de joie et d’espérance. En un sens, la personne revient aux sources de la foi, redécouvre le don du baptême et entre dans une responsabilité nouvelle de se reconnaître « créature nouvelle, revêtue du Christ ». Les personnes vivent une expérience pressentie comme une promesse de vérité et de bonté pour leur vie. Il y a un enthousiasme nouveau qui vient de la conscience d’être avec Dieu et en Dieu.
Cette appartenance au Christ sera nourrie et consolidée dans la prière, prière de louange en particulier. La prière sera la condition pour demeurer dans la foi mais c’est aussi le moyen de passer d’une attitude heureuse et créative, à l’image des disciples d’Emmaüs, qui font l’expérience d’une nouvelle ardeur du cœur et d’une mise en route nouvelle quand ils perçoivent à nouveau le don de la présence du Seigneur. Dans la prière, nous sommes enseignés. « Sans Moi, vous ne pouvez rien faire ».

La rencontre avec le Seigneur, suscitée par l’expérience d’adhésion à un mouvement est une vraie rencontre si elle conduit à redécouvrir le pain de sa parole et des sacrements et notamment l’eucharistie. Les sacrements sont signes et instruments de la présence salvifique du Christ. Généralement les membres vivent un chemin inverse à la pratique ecclésiale d’autrefois. Autrefois dans l’éducation chrétienne, on enseignait une doctrine qui se faisait pratique et on se souciait moins de l’expérience. Aujourd’hui c’est souvent l’inverse qui se produit : c’est l’expérience qui est première. Pour les jeunes en particulier, c’est ce qui est vécu qui est vrai. Certes, il convient d’aller plus loin et d’intégrer une pratique nourrie de l’expérience et confrontée à un enseignement intellectuel doctrinal.

Aujourd’hui la société a changé. Le néolibéralisme exploite et développe l’individualisme, avec toutes les conséquences sur les personnes fragiles, où le repli sur soi et la peur de l’autre prospèrent notamment face à la précarité sociale, aux différentes crises, (les réfugiés, le terrorisme islamique, le réchauffement climatique etc.). Ainsi, des groupes se constituent pour faire face aux mutations avec le risque de générer un communautarisme sectaire. L’autre risque face à la déstructuration et la légitimation des institutions au profit de l’individu, est celui des appartenances partielles, provisoires, multiples où chacun « fait son marché », avec la conscience que tout se vaut. Le sociologue Zygmunt Bauman parle de «modernité liquide ».
Nous sommes dans un monde pluraliste et il convient de répondre à cette diversité, à cette pluralité. En ce sens, les charismes nombreux qui ont émergé après le concile (on parle de plus de 800 mouvements et communautés nouvelles dans le monde) correspondent à des réponses aux cris du monde, aux besoins des personnes dans ce monde. C’est je crois que c’est ce qui pousse les papes à dire sous toutes les coutures que ces réalités nouvelles ne sont pas des problèmes mais des opportunités et des réponses. Ça invite à faire confiance à l’Esprit Saint, aux nouveaux horizons qui s’ouvrent. Ça veut dire aussi la mort des velléités restauratrices d’une chrétienté disparue ou le retour au passé. Au contraire, le principe de prolifération et de fécondité laissent apparaître une mutation de la figure d’Eglise qui se produit sous nos yeux, dépassant le simple constat de crise. Le sentiment de crise se comprend par rapport à une figure existante et aux tâches à accomplir. Est-ce qu’on voit suffisamment ce qui vient, ce qui naît à l’improviste, nous rappelant que l’Eglise ne cesse de renaître à partir de dons charismatiques ?
Le pape François appelle à une conversion missionnaire et à penser à nouveaux frais la finalité missionnaire et les modes opératoires. Il invite aussi à mettre les périphéries au centre comme pour inviter à de nouveaux déplacements intérieurs et missionnaires. L’histoire nous démontre que les mouvements participent à la revitalisation de la foi, au renouveau du tissu communautaire, à la formation des disciples missionnaires au renouveau des vocations, à l’évangélisation de la culture, aux œuvres de charité etc. Je pense entre autres à l’apport du Renouveau Charismatique depuis 50 ans.
Nous avons eu cette expérience au sein de la communauté Fondacio, que j’ai eu l’honneur de présider pendant 17 ans, après une crise et une nécessaire Refondation ( authentique passage de mort/résurrection) pour aboutir à une reconnaissance canonique pontificale. Aujourd’hui Ziléos propose cette expérience de même que la communauté Efesia, même si elles ont une histoire plus courte.

La rencontre du Christ inscrit le membre ou celui qui fréquente le mouvement dans une perspective de changement et d’apprentissage qui se passe dans le temps et fait appel à

toutes les dimensions de la personne, le cœur, l’intelligence le corps etc. C’est ce qui fonde également une exigence de vie fraternelle et charitable : « vous avez été dépouillés du vieil homme avec ses agissements, vous avez revêtu l’homme nouveau. Puisque vous êtes sanctifiés par Dieu, revêtez des sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience… »4
Le critère de discernement pour nos mouvements et communautés est sans doute le suivant : qu’est-ce qui en lui ou en elle manifeste la vie de Dieu ? Et les disciples connaissent tôt ou tard ce qu’est la rencontre de la Croix et des renoncements du fait de suivre le Christ. Le mystère pascal fait partie du chemin.

Les membres des communautés nouvelles vont au monde et témoignent de la vitalité de l’Évangile. Ils agissent dans ce monde là où ils sont, assumant leur identité chrétienne. Je suis témoin de cette incroyable vitalité sur l’ensemble des continents. Non seulement de la vitalité, mais de la créativité et de la liberté pour prendre des initiatives variées tout en étant fidèles au Magistère. Ce qui domine sans doute, c’est la soif de participer à la mission ecclésiale, la faim de partager la Parole en groupes ou fraternités, la présence aux plus démunis et à ceux qui souffrent, l’audace à annoncer Évangile, le sérieux de la liturgie, de la catéchèse et de la formation et bien évidemment l’attention aux vocations diverses dont celles des laïcs.

Les responsables laïcs prennent leurs responsabilités, et prennent la parole, parfois à la manière des prophètes. En effet, cette figure du christianisme est prophétique, précisément parce l’Esprit Saint y ouvre des voies nouvelles et qu’il est profondément communautaire (Mère Térésa, Jean Vanier, Andrea Riccardi…). Des chemins nouveaux apparaissent laissant entrevoir la mutation de la figure de l’Eglise.

Les charismes des mouvements et communautés nouvelles se font méthode d’éducation et de transmission de la foi, d’édification de chrétiens solides dans leur foi, et prêts à s’engager dans le monde. Dans ce monde sécularisé, ils sont comme des points lumineux, des lieux importants pour l’éducation des personnes dont l’expérience chrétienne grandit en une intelligence de la foi en vue d’affronter tous les grands problèmes de la vie au plan social, moral… Ceux-ci nous engagent dans l’histoire de l’humanité.

III. Place de la vie associative dans l’Eglise.

L’universel est l’horizon de la mission. « De toutes les nations faites des disciples »5. Or, aucun charisme n’est la synthèse de toute la spiritualité de l’Eglise, et l’universel ne sera jamais le propre d’un charisme particulier. Les associations sont donc conduites à s’arrimer à la mission universelle de l’Eglise. Elles entrent dans une maturité dans la mesure où elles sont capables de déployer leur charisme par rapport à une communion ecclésiale qui les déborde.

Rappelons aussi que les communautés associatives sont le fruit du droit d’association dans l’Eglise ( Canon 298/1). Ce droit d’association fait partie du statut fondamental du fidèle.
Les communautés de type associatif sont tout aussi importantes que les communautés de type hiérarchique telles les paroisses. Ce sont en quelque sorte les deux jambes de l’Eglise. Et l’Eglise a besoin de ses deux jambes solides pour avancer.

Comment alors ajuster le dynamisme de l’association à la dimension universelle pour aller au bout de sa spécificité liée au charisme particulier qu’elle porte ? Quel enrichissement mutuel attendre de cette rencontre entre charisme une institution ? Comment des associations internationales inculturent leur charisme pour s’articuler à la dimension locale et particulière de l’Eglise ?

Authenticité des charismes et co-essentialité.

A la Pentecôte en 1998, Jean-Paul II s’adressant aux mouvements de laïcs et communautés nouvelles invitées par lui à Rome affirmait : « Comme on a besoin aujourd’hui de chrétiens mûrs, conscients de leur identité de baptisés, de leur vocation et de leur mission dans l’Eglise et dans le monde ! Comme on a besoin de communautés chrétiennes vivantes ! Et voilà les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles : ceux-ci sont une réponse, suscitée par l’Esprit Saint, à ce défi dramatique de fin de millénaire. Vous êtes cette réponse providentielle !» 6.

Tout charisme est donné en vue du bien commun, à savoir pour le bénéfice de toute l’Eglise. Le Saint Père déclarait en 1998 : « L’aspect institutionnel et l’aspect charismatique sont pour ainsi dire co-essentiels à la constitution de l’Eglise et ils concourent, chacun à sa manière, à lui donner vie, à la renouveler et à sanctifier le peuple de Dieu. C’est sur la base de cette redécouverte providentielle de la dimension charismatique de l’Eglise qu’a été tracée la voie du développement étonnant, aussi bien avant qu’après le Concile, des mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés ». En même temps, « (…) Aucun charisme ne peut se dispenser de se référer et de se soumettre aux pasteurs de l’Eglise»7. Il faut, s’il en est besoin, réaffirmer que personne ne peut se donner mission à lui même. C’est toujours l’évêque (et à fortiori le Saint Siège) qui authentifie un charisme et envoie en mission.

Insistons sur le fait qu’il n’y a aucune opposition entre une Eglise institution qui serait opaque, vieillotte et l’ensemble des charismes parés de toutes les vertus. Cela constituerait une erreur et une confusion. L’Esprit Saint assiste le pape et les évêques dans leurs responsabilités spécifiques tout autant que les mouvements et les réalités nouvelles dans l’Eglise. Les évêques ont grâce et mission de discernement, mais qui comporte aussi une lourde responsabilité… Celle de ne pas éteindre l’Esprit en fidélité à la parole de l’Ecriture. D’ailleurs, le Pape Benoît XVI a déclaré à la Pentecôte 2006 : « l’Esprit Saint veut que vous preniez de multiples formes et il vous veut pour l’unique corps, dans l’union avec les ordres durables – les jointures – de l’Eglise, avec les successeurs des apôtres et le successeur de Pierre ».

Une double recommandation est ainsi adressée aux évêques et aux autres fidèles : Aux évêques, le pape demande beaucoup d’amour pour les mouvements afin de favoriser ce qui est bon et de corriger ce qui ne vient pas de Dieu. Aux mouvements, il demande l’humilité et une docilité afin qu’ils s’insèrent dans la Tradition de l’Eglise et qu’ils mettent à disposition leurs dons charismatiques au service du bien commun.

Bien sûr, des crises existent pour les fidèles dans le rapport à l’institution. En effet, certains responsables hiérarchiques dans l’Eglise peuvent comprendre parfois l’articulation entre leur ministère et l’apport de laïcs à la mission comme exécution de besoins à couvrir. Or une nouvelle figure d’Eglise, par son surgissement inattendu et parfois incompris ne s’emboîte pas si facilement avec ce qui lui préexiste et dans les catégories disponibles. Et les crises peuvent être graves : des fondateurs ont parfois été écartés pendant de longues années. Ce fut le cas du fondateur de la très belle communauté de Schönstatt en Allemagne, réhabilité seulement l’année de sa mort après 16 ans de mise à l’écart. Jeanne Jugan (fondatrice des petites sœurs des pauvres) a été écartée pour le reste de sa vie. Elle fut néanmoins canonisée. Les exemples sont nombreux…

Je me souviens de la réflexion du curé de notre paroisse, lors de notre première rencontre quand nous sommes arrivés mon épouse et moi-même : après la présentation de notre communauté et notre mission il claqua : « s’il y avait quelque chose de nouveau, nous l’aurions trouvé nous-mêmes ». Deux ans plus tard nous avons changé de logement et en conséquence de paroisse. Nous allons voir notre nouveau curé et lui expliquer notre mission au sein d’une communauté nouvelle. En écho, il nous dit : « pour être catéchiste, il faut s’inscrire avec les imprimés qui sont au fond de l’église ». Peut-être nous nous sommes mal pris pour entrer en dialogue. Cependant ce genre de réflexion – outre le refroidissement provoqué – montre la difficulté à articuler une nouveauté non prévue, non voulue et plus ou moins accueillie, avec ce qu’on connaît déjà.
Il y a la peur également que les mouvements retirent des paroisses des personnes dynamiques. Ça peut exister. Pourtant l’observation montre que c’est l’inverse qui se produit. Beaucoup de jeunes et de moins jeunes ont été formés par les mouvements comme disciples/missionnaires qui, quelques années après, sont les éléments moteurs des paroisses. Que dire de tous les chants du Renouveau que l’on retrouve dans les liturgies du dimanche ?
Pour conclure sur ce point, je citerai de nouveau le pape Benoît XVI s’adressant aux mouvements de laïcs à la Pentecôte 2006 : « vous appartenez à la structure vivante de l’Eglise ».
Ceux-ci sont donc chargés d’une nouvelle responsabilité : celle d’appartenir à la structure de l’Eglise. Or, la structure de l’Eglise concerne ses fondements, ses dogmes,
le Magistère, les fonctions. Par conséquent, cela signifie que les mouvements de laïcs et les communautés nouvelles sont indispensables à l’Eglise. Ils ne constituent pas seulement ni d’abord des surprises.
En effet, ces nouvelles réalités ecclésiales suscitées par l’Esprit Saint ouvrent de nouveaux chemins tant pour la rencontre du Seigneur avec nos contemporains (et donc pour l’annonce de l’Évangile), que pour répondre à des besoins nouveaux de la société vis-à-vis des pauvres, de l’étranger, en direction des familles, pour le respect de la vie (notamment en début et fin de vie où l’homme est vulnérable), ou encore en faveur de la paix… etc. Incontestablement, c’est dans le fait communautaire et la capacité à se tenir à la jointure des enjeux du monde que naît le souffle de nouveauté et que germe une nouvelle figure d’Eglise.

J’aime à dire que l’existentiel précède le juridique. Laissons le temps s’écouler pour qu’éclosent les germes de nouveauté. Cela correspond à un temps, de même qu’il y a un temps pour la mise en forme institutionnelle et juridique qui alors devient nécessaire pour préserver la liberté des personnes, ainsi que les acquis d’identité et missionnaires.

Critères d’authenticité ecclésiale des mouvements

Devant la diversité et la richesse des différentes formes de la vie communautaire, et pour vivre la double fidélité à la succession apostolique d’une part et au charisme d’autre part, il est important de préciser les critères de maturité ecclésiale d’un mouvement ou d’une communauté nouvelle. Jean-Paul II les a définis dans son encyclique « Christi Fideles Laici », en évoquant une nouvelle saison des associations de fidèles laïcs. Il propose cinq critères d’ecclésialité qui peuvent permettre aux mouvements et communautés nouvelles de suivre une voie de maturation ecclésiale afin qu’ils deviennent d’authentiques sujets de sanctification, de communion et de mission. « Ces réalités ecclésiales doivent ainsi permettre :

– une rencontre nouvelle avec le Christ ouvrant un chemin de sainteté et transformant l’existence humaine.
– de développer un sens d’appartenance à l’Eglise, comme mystère de communion, dont l’unité se réalise dans une pluralité de formes communautaires.
– une éducation à la foi, qui suit des méthodes et des chemins où s’incarne la fidélité à la grande tradition catholique.
– un élan missionnaire visant à communiquer partout le don de la rencontre avec le Christ dans les différents milieux et cultures.
– une étreinte de charité, de solidarité et de service à la rencontre de tous les besoins humains, particulièrement les plus pauvres, ceux qui souffrent, en tant que bâtisseurs de paix, de justice, favorisant la dignité de toute personne humaine ».

Comme dans le cas de la croissance chrétienne individuelle, une communauté passe par différentes étapes. Un jeune converti manifeste toujours un grand enthousiasme au début de sa conversion. Il s’ensuit une simplicité de cœur, une gratitude pour le don reçu et de la joie (malgré parfois des difficultés et la souffrance).

Il en est de même pour une réalité nouvelle. Elle connaît au début une période un peu euphorique où les membres ont trouvé « le trésor ». Elle est pleine de vie, en croissance et ses membres sont parfois excessifs et pensent qu’ils vont réformer toute l’Eglise, ou bien qu’il faudrait que cette réalité s’implante au moins un peu partout ! Il y a un tel bouleversement ! Et la nouveauté vécue est une belle et grande promesse de vie, de vérité, de bonté, de beauté, de sens…

Arrivent ensuite les épreuves, le réalisme de l’institutionnalisation, des relations difficiles, parfois une aridité du chemin, des divisions semées par le prince du mensonge qui prennent appui sur des fragilités humaines… Elles obligent à approfondir le charisme, à se former, à discerner en vue d’une appartenance vraie dans la durée, mûrie dans la prière et humble.

Encore une fois, c’est quand la présence du Seigneur devient « compagne de vie », qu’elle rythme la vie la prière, qu’elle imprègne le travail, la vie familiale et sociale, les loisirs, les amitiés, le rapport à l’argent etc., qu’on reconnaît un charisme comme nourrissant, transformant et conduisant à une vie ecclésiale marquée par la vie liturgique et les sacrements.

L’apport de la vie associative concernant l’expression de la foi dans l’espace public

C’est fondamentalement de l’annonce de la Parole de Dieu qu’il s’agit. Par-delà les diversités d’identités et de missions, ce dont les mouvements ont à rendre compte c’est de leur conception de l’humain, de leur compréhension de l’histoire et du monde à la lumière de l’Évangile. Ils ont à devenir présence du Christ, et à partir de là, ouvrir des chemins pour la rencontre avec Lui. Ils doivent donc être fondés spirituellement et crédibles théologiquement. Ça suppose aussi d’être à l’écoute de la complexité des situations du monde au sujet desquelles on prétend s’exprimer.
Ils se doivent d’acquérir un minimum d’expertise sur les sujets concernés. Sinon ils risquent de rester des mouvements de piété, de réagir à l’émotion ou encore de laisser l’ascendant à ceux qui maîtrisent la parole et le pouvoir.
Enfin, les sociétés modernes exigent des traditions religieuses qu’elles s’engagent dans la modernisation de leur foi ou tout au moins de leur langage, sans relativiser leurs propres vérités. C’est vrai aussi pour les chrétiens. Cette modernisation de la foi religieuse est une condition de son insertion dans l’espace public.

Le pape François propose de « sortir » pour aller à la rencontre des hommes et des femmes de ce temps, en se faisant compagnon de route, pour les connaître et leur communiquer l’espérance que l’on a quand on vit par la foi.
Il invite à sortir aux périphéries, à la rencontre du monde, et même à mettre les périphéries au centre !

La « culture de la rencontre », n’est pas seulement une formule. Tout d’abord rencontrer l’autre signifie qu’on a une espérance pour lui. S’intéresser à son histoire, lui refléter la valeur de son parcours, prendre en compte son identité ou des traits de sa personne est créateur d’amitié, de proximité, d’affinités ou de liens de paix. C’est particulièrement vrai avec les pauvres. C’est vrai avec les jeunes ! Ziléos à une expertise dans ce ce sens. Ensuite, c’est une attitude profondément ecclésiale. Les communautés chrétiennes tentées par l’autoréférentialité se coupent du monde, se cléricalisent et deviennent malades. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils… » Jean 3,16.

L’enjeu est sociétal.
C’est ce que vit Ziléos quand il s’adresse à des jeunes loin de l’Eglise.
L’association Efesia, dans la rencontre avec les musulmans à travers le mouvement « Ensemble avec Marie » participe au débat public par un enjeu sociétal, la paix.

Conclusion

«N’éteignez pas l’Esprit…Mais vérifiez tout: ce qui est bon, retenez le» (1 Th 5,19). Saint- Paul dit beaucoup dans ce verset. Les charismes sont donnés pour répondre à des besoins précis dans une période précise. Si Jean-Paul II a martelé qu’Il n’y a pas de contradiction entre la dimension institutionnelle et la dimension charismatique, dont les mouvements sont une expression significative, c’est parce qu’ensemble, ils concourent à rendre présent le mystère du Christ et son œuvre salvifique dans le monde. Les mouvements ne sont donc pas considérés comme une tolérance à la légitime diversité de l’Eglise. Mais c’est un trait constitutif de l’Eglise. La diversité est absolument nécessaire dans la vie ecclésiale et dans ce monde pluriel.

La récente lettre venant du Saint-Siège (juin 2016), intitulée « Rajeunir l’Eglise », portant sur le rapport entre les dons hiérarchiques et charismatiques conclut de la façon suivante : « Du point de vue de la relation entre dons hiérarchiques et dons charismatiques, il est nécessaire de respecter deux critères fondamentaux à considérer de façon inséparable : a) le respect des particularités charismatiques des associations ecclésiales particulières, en évitant des montages juridiques forcés qui atrophient la

nouveauté dont l’expérience spécifique est porteuse. Ainsi, on évitera que les différents charismes puissent être considérés comme une ressource indifférenciée à l’intérieur de l’Église. b) Le respect du regimen ecclésial fondamental, en favorisant l’insertion efficace des dons charismatiques dans la vie de l’Église universelle et particulière, et en évitant que la réalité charismatique soit conçue de manière parallèle à la vie ecclésiale, sans référence organique aux dons hiérarchiques ».

Au final, l’enjeu est synodal. Les mouvements sont invités à ne pas rester étanches les uns aux autres et vis-à-vis des communautés hiérarchiques. C’est le sens de la synodalité dans l’Eglise. Les lieux de rencontre et de discernement sont donc indispensables. En effet, un charisme accomplit un aspect du mystère qui appartient à tous. L’interactivité verticale (avec l’évêque et son presbyterium) et horizontale (avec les autres communautés), la simplicité canonique, l’acceptation pour un charisme de sa propre limite vocationnelle, la conscience de la figure non aboutie du charisme qui reste en partie à l’état de promesse,… aideront à cette communion et synodalité.
L’Eglise rajeunit par la puissance de l’Évangile, et l’Esprit la renouvelle sans cesse en l’édifiant et en la guidant « grâce à la diversité des dons hiérarchiques et charismatiques » ( Lumen Gentium, 4). Ça suppose aussi de se dégager du connu, de l’habitude – « on a toujours fait comme ça » – et une volonté docile et créatrice d’inventer la manière nouvelle d’être fidèle aux appels du Christ.

Les responsables, porteurs d’un charisme, veilleront pour leur part aux dangers qui les guettent de voir la disparition de l’identité propre et de la mission liée au charisme. La recherche de la reconnaissance, l’attente de l’entourage y compris de la hiérarchie ecclésiale, l’intervention des donateurs qui conditionnent leur don à leur volonté propre, l’excès de structuration et de sécurité… peuvent affadir le charisme ou le dévoyer. Les responsables doivent se laisser conduire vers une union plus profonde avec Jésus dans une spiritualité de confiance et d’abandon en fidélité à l’intuition première et à l’expérience vécue.

Un mouvement n’est jamais fondé une fois pour toutes. Il va de commencement en commencement, « de gloire en gloire » (2 Co. 3), en vivant parfois une expérience pascale qui invite les membres à se tourner vers Celui qui vient, à toujours accueillir la nouveauté, à se laisser émonder et se purifier, à ne pas confondre commencement et origine, à évoluer dans un monde qui change. C’est le rôle aussi de la hiérarchie d’aider les charismes à cette fidélité.

Gérard Testard